25
Nov-2013

Annapurna éco-village, Astam, Pokhara, Népal

OLYMPUS DIGITAL CAMERAL’Annapurna éco-village est né il y a 6 ans dans le village d’Astam proche de Pokhara au Népal, perché sur le haut d’une colline à 1600 mètres d’altitude. C’est Maladi qui nous a accueillis très gentiment et fait faire la visite de son lodge pas comme les autres. Elle et son mari ont décidé de donner une dimension plus écologique à leur lodge afin de lutter contre le superflu de déchets que le tourisme apportait dans ce bel environnement qu’offre le massif des Annapurnas. Depuis, ils mettent en place petit à petit plusieurs solutions qu’ils développent la plupart du temps seuls, mais qui contribue à rendre leur lodge le plus propre possible.

Petit tour des installations

L’Annapurna éco-village comprend un ensemble de petites solutions simples, mais efficaces.

Premièrement, ils récupèrent les déchets organiques et les excréments humains pour créer du bio-gaz. Ce procédé est simple : les toilettes, ainsi que les matières organiques qui elles sont broyées à l’aide d’un système manuel, sont reliées à une cuve souterraine. Le stockage de ces deux éléments dans un endroit clos permet le rejet de gaz, qui est directement relié aux cuisines. Une fois que la cuve est pleine, son contenant est utilisé en tant que compost. Ce procédé permet de diviser leur consommation de gaz en bouteille par deux. Ils ont la capacité grâce au bio-gaz de cuisiner chaque jour pour une famille de 4 personnes.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

À propos de cuisine, le village fournit de la nourriture organique, directement cueillie dans leurs différents jardins. Pour eux, l’enjeu est de fournir à leurs clients un maximum de produits issus d’une agriculture biologique et de proximité. Le village élève également deux vaches laitières, qui en plus de fournir du lait contribuent aux cultures, avec la création d’un engrais et d’un pesticide naturels. Ainsi, la bouse de vache est mélangée au compost pour enrichir la terre et l’urine est elle vaporisée sur les plantations attaquées par les insectes. Dans le but d’être le plus indépendant possible, le village teste de nouvelles plantations chaque année. Grâce à ces tests, il est possible d’y déguster du thé, et beaucoup de fruits et légumes. Quant au café, il sera bientôt à la carte, suite à la plantation de 4 pieds d’espèces différentes. L’organisation du potager se fait par cycle, c’est-à-dire que tout est planté à quelques semaines d’intervalles pour toujours avoir des légumes frais par exemple, ou encore en utilisant les différentes périodes de pousses de chaque espèce. En revanche, ici il n’est pas obligatoire de manger végétarien, les poules fournissent des œufs et bien sûr de la viande.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Mais avant de penser à la culture de la terre, il faut penser à l’approvisionnement du village en eau. Pour cela, les 6 maisons du village sont équipées d’un système de récupération d’eau de pluie associé à une réserve de 500L chacune. La problématique majeure du village dans son processus de développement est la gestion de l’eau. Il est situé sur un plateau en haut d’une colline, il n’est pas simple d’approvisionner le village autrement qu’avec l’eau de pluie. L’enjeu est de récupérer et de stocker un maximum d’eau pendant la saison des pluies, et pour cela une cuve de 100 000 L souterraine a été installée. L’eau est ensuite filtrée lorsqu’elle est destinée à être consommée ou à se laver. Cette filtration se fait naturellement dans un premier temps en la faisant traverser plusieurs bacs avec du charbon, puis des pierres, du gravier pour finir avec du sable fin. Avant de la boire, il faut tout de même la faire bouillir quelques minutes, de cette manière le village ne fournit aucune bouteille d’eau aux trekkers, mais propose de remplir leurs gourdes ou bouteilles. Depuis 3 ans, ils ont ainsi évité la consommation de 250 000 bouteilles d’eau en plastique, et cette bonne pratique se répand peu à peu dans tous les lodges de l’Annapurna.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAPour se laver, le facteur de confort rentre en jeu : en effet, il faut chauffer l’eau ! Un chauffe-eau solaire se charge de chauffer une réserve d’eau située au centre du village. Chaque personne doit venir chercher son seau d’eau chaude de 5 L pour contrôler la consommation d’eau utilisée à cet usage, qui est sinon abusive la plupart du temps sans ce type de régulation. Concernant l’éclairage, les maisons sont autonomes en électricité grâce au panneau solaire individuel sur chacune d’elle. La seule consommation se résume à plusieurs ampoules basse-consommation par chambre. Il n’y a pas de chauffage dans les chambres, comme presque partout au Népal, une bonne isolation et une bonne couette sont de rigueur.

 OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le village se démarque encore une fois en triant ses déchets au maximum et en donnant des cours dans d’autres villages dans le but de les sensibiliser aux problèmes de santé liés aux déchets. Par ailleurs, ils développent en ce moment un centre de médecine naturelle afin d’administrer les premiers soins.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Conclusion

La démarche de cet éco-village est certes loin d’être unique, mais il est intéressant de constater qu’au milieu de cette chaîne himalayenne, des personnes tentent non pas d’aller contre le fort développement du tourisme, mais de pouvoir l’accueillir dans une démarche éco-responsable. Ce village est ouvert à recevoir l’aide de volontaires qui souhaiteraient donner des cours dans les écoles voisines, développer les infrastructures, cultiver la terre et participer à la vie du village. De plus, toute idée nouvelle qui pourrait leur permettre de développer le concept est la bienvenue.

 

 

4

 goûts / 0 Commentaires
Partager cet article:

Archives

> <
Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug Sep Oct Nov Dec