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Déc-2013

Broadgate Construction, une solution aux problèmes thermiques et acoustiques du bâtiment – Bangkok, Thaïlande

OLYMPUS DIGITAL CAMERABroadgate Construction est une entreprise thaïlandaise spécialisée dans la conception de panneaux novateurs permettant la construction de bâtiments correctement isolés. Ces panneaux peuvent servir à la construction de multiples bâtiments : maisons, bureaux, centres commerciaux, par exemple, du sol au toit en passant par les escaliers et les murs. 

Nous avons été accueillis dans les bureaux de l’entreprise, situés au 28e étage d’une tour en plein centre de la capitale thaïlandaise. Nous nous sommes entretenus avec Ken Jayaphorn et Simon Osborne, respectivement vice-président travaillant au service développement commercial et vice-président sénior travaillant au service des opérations. Le PDG du groupe, lui, est un diplomate thaïlandais ayant une très forte influence au niveau national, ce qui permet à l’entreprise de décrocher d’importants contrats an Thaïlande, mais plus généralement en Asie du Sud-Est.

Une technologie apportant une isolation efficace

Broadgate développe des panneaux composés de 3 matériaux : du polystyrène expansé (PSE), du ciment, et du fer à béton. Le tout est assemblé en sandwich : au milieu, une plaque de polystyrène, de chaque côté, des couches de ciment renforcées et reliées entre elles à travers le polystyrène par du fer à béton. Il s’agit ici du panneau LiteCast. L’entreprise propose aussi le panneau de polystyrène traversé par du fer à béton, mais sans ciment, sous le nom de EasyPanel.


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Les panneaux sont conçus aux dimensions suivantes : 3 m par 1 m 30, mais peuvent être découpés suivant le besoin, et chaque chute (reste de la découpe) peux resservir pour des parties plus petites (étagère, plan de travail, etc.).
Le tout permet d’obtenir une structure légère (16 kg pour les EasyPanel aux dimensions standards), permettant de réduire les coûts liés à la logistique (transport de l’usine au site de construction, taille des grues, etc.). Cela permet également de réduire l’épaisseur des fondations, dû à un poids total revu à la baisse comparé aux matériaux de construction classiques.

La conception en polystyrène permet également d’apporter une isolation thermique et acoustique plus élevée que des matériaux de construction classiques (briques, pierres ou parpaings par exemple). Les économies d’énergies liées au contrôle de la température (chauffage en hiver, climatisation en été) sont donc fortement réduites, permettant ainsi de réduire l’impact du bâtiment sur l’environnement (gain compris entre 15 et 30 % sur la facture liée au contrôle de la température).

Trois composants recyclables mis en avant

Le polystyrène expansé est un matériau qui ne fait pas partie de la liste des éléments collectés lors du tri sélectif des particuliers en France. Il est alors incinéré. Ses propriétés chimiques faisant de lui un matériau inflammable permettent de diminuer la quantité de combustibles nécessaires à l’incinération des ordures ménagères.
En revanche, du coté des professionnels, et particulièrement dans le milieu de l’emballage, le polystyrène expansé est valorisé (taux de collecte en 2010 : 30 % de la consommation nationale). 85 % du polystyrène collecté est recyclé pour en faire des produits tels que des cintres ou des boitiers de CD, tandis que les 15 % restants permet de recycler le PSE sous sa forme expansée, pouvant être directement utilisé pour la technologie EasyPanel.

Concernant le fer à béton, il s’agit d’un acier tout à fait recyclable. Sa production initiale se fait à partir de minerais de fer, qui est transformé en acier. Après la fin de vie de sa première utilisation, il est facilement récupérable par tri magnétique. Après plusieurs opérations et traitements, le fer est réintroduit dans le cycle de production. Celui-ci est donc recyclable à l’infini, permettant ainsi de faire des économies d’eau, de minerai, et surtout d’énergie. Avec son taux de recyclage de 62 %, l’acier est le matériau le plus recyclé d’Europe. Son taux de collecte atteins les 80 % voir 90 % selon les usages. Une fois fondu, le fer est facilement malléable ce qui permet de lui donner la forme souhaitée en fonction de sa future destination.

Enfin, concernant le dernier matériau, le ciment, celui-ci peut être également recyclé. En effet, une fois sa fin de vie atteinte, le séparer de son fer à béton est chose aisée. Puis il s’agit de le concasser pour ensuite être réutilisé comme matériau pour le soubassement des routes ou pour des fondations, être mélangé avec du sable, des graviers et du ciment pour en faire du béton. Il peut être également retransformé en ciment si le processus de recyclage permet d’obtenir un ciment concassé assez pur pour que les propriétés du nouveau ciment restent inchangées. Le recyclage du ciment (et plus généralement du béton) permet à la fois de dégager les décharges (il ne se désintègre pas avec le temps), mais également de réduire l’empreinte carbone et le coût de transport du ciment/béton neuf, si celui recyclé est utilisé sur place.

Un principe novateur dans cette région du globe

La technologie en elle-même, quoique relativement simpliste à première vue, est toute récente en Asie du Sud-Est, alors qu’elle est présente en Europe depuis une trentaine d’années. Effectivement, les derniers tests sur les panneaux ont été réalisés la veille de notre entrevue. Ces derniers tests étaient ceux cherchant à démontrer la résistance de la structure au feu. Le panneau est soumis une flamme sur une des surfaces en béton, à une température supérieure à 1000 °C pendant 3h. La couche en question ne faiblit pas (pas de fissuration), et les 2 autres couches ne sont même pas atteintes.
Même si le principe de construction peut paraître simpliste, le plus délicat concerne la répartition de la quantité de chaque matériau dans un panneau. Un taux trop élevé de fer permettrait à la chaleur extérieure d’être conduite à l’intérieur, un taux trop élevé de polystyrène réduirait la résistance de l’ensemble face aux forces extérieures (vents par exemple), etc. La solidité et la rigidité de l’ensemble sont à la charge des tiges de fer à béton soudées entre elles, réparties de manière optimale à travers le polystyrène, permettant de construire des bâtiments de 3 étages maximum sans structure additionnelle (pas besoin de poutres ou de colonnes entre autres).
En Asie du Sud-Est, aucune entreprise ne concurrence pour l’instant Broadgate Construction, leader sur ce marché dans la région.
Concernant le prix d’achat, il est pour le moment plus élevé qu’un matériau de construction tel que le parpaing pour une même surface. En revanche, celui-ci va être revu à la baisse maintenant que les investissements vont aller vers la chaîne de production, quand ils allaient auparavant vers le pôle R&D. Pour le moment, l’entreprise produit environ 50 panneaux/jour, soit environ 155 m.

Notre analyse

Braodgate Construction fournit à ses clients un matériau écologique dans le sens où il permet de réduire sa facture d’énergie lié au chauffage et à la climatisation. Le cycle de vie du produit est également un bon exemple à suivre. En effet, le ciment peut provenir en partie de ciment recyclé, mais est surtout facilement recyclable, pour le milieu du BTP majoritairement. Le fer à béton est lui exemplaire, avec un cycle de vie potentiellement infini. Enfin, le polystyrène, s’il est récupéré, peut être recyclé à son tour pour en faire soit du plastique, soit redevenir du polystyrène s’il est assez propre.

Même si pour le moment le produit ne concurrence pas les solutions habituelles telles que la brique, la pierre ou le parpaing sur un plan économique, Broadgate nous rappel qu’investir dans un matériau aux propriétés isolantes élevées permet à la fois de réduire son impact quotidien sur l’environnement, mais aussi sur son portefeuille, sur une vision à long terme.

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