05
Juin-2014

En direct du lac Titicaca ! – Pérou, Juin 2014

Bonjour à tous,

nos mollets s'en sont souvenus longtemps

nos mollets s’en sont souvenus longtemps

Après 9 jours, nous sommes enfin sortis du canyon de Cotahuasi! Nous vous écrivons en direct des rives du lac Titicaca, tout proche de la frontière bolivienne que nous n’allons pas tarder à franchir. Bon on vous l’accorde, 9 jours à la place de 4 jours prévus initialement, c’est long mais attendez la suite! L’endroit est tout simplement magnifique, nous sommes passés par des montagnes, des falaises, des champs de cactus, des rivières, des cascades, des lacs, des ruines incas, de jolis petits villages, sans oublier les troupeaux de lamas! Et lorsqu’on dit « passés », ce n’est pas seulement en bus (où il faut avoir le coeur vraiment vraiment accroché quand on frôle le vide), mais à la force de nos jambes et à dos de cheval! Vous l’aurez compris, encore une expérience géniale que l’on va s’efforcer de raconter au mieux pour ne pas en louper une miette!

 Saute saute pas ?

Saute saute pas ?

Arrivés à Cotahuasi à 6h du mat’ mardi dernier, enfin Alca plutôt car nous avions raté notre arrêt dû à un sommeil profond. Nous avons donc pris un autre bus pour revenir sur nos pas et finalement arriver officiellement à Cotahuasi à 7h. Bref nous en empressons de nous couvrir car il fait « mucho frio » pour ensuite déjeuner et nous rendre sur la place d’armes du village. Une petite parenthèse s’impose, l’Amérique Centrale a ses « parque central », ici les péruviens ont leurs « plazas de armas ». Revenons à nos lamas, à côté de la place se situe l’office de tourisme, si on peut appeler cela comme ça, pour demander une carte du canyon ainsi que les noms des personnes chez qui l’on peut dormir dans les villages reculés du canyon. Sur la carte s’affiche quelques tracés entre les villages classés par couleurs avec en jaune et vert les chemins pour randonner avec ou sans mules. On part donc l’après midi pour le village de Charcana à 3400m d’altitude pour trekker le lendemain jusqu’au village de Quechalla 1800m plus bas. 

Rien de tel qu’une bonne nuit chez Edwardo sous une couche de 5 couvertures et un bon petit déjeuner pour se mettre 8h de marche dans les jambes… Croyez nous, pour ceux qui pensent que la descente est plus facile que la montée, nos courbatures disent le contraire! Sur le chemin un vrai enchantement, des cactus par milliers et une vue panoramique qui nous laisse apercevoir le village de Quechuaya un peu…beaucoup plus bas! Après quelques heures de glissade sur un chemin vraiment escarpé (la raison pour laquelle la région est encore très peu développée, c’est le « léger » danger dû aux étroits chemins à flancs de falaise) nous arrivons enfin chez Janet (prononcez « Yanette »). Lorsque nous annonçons à son mari et son beau frère que nous souhaitons rester le lendemain avec eux pour les aider dans leurs tâches quotidiennes, leur enthousiasme nous fait franchement plaisir. Il faut dire que le programme qu’ils nous avaient concoctés restera longtemps dans nos mémoires…

 

El castrador!

El castrador!

Réveil 5h30 du matin pour castrer deux cochons avec Raphaël le beau frère (castrador officiel de tout le canyon, plus d’une centaine de castrations à son actif!) avant de prendre douloureusement des forces en mangeant une salade de fruit et un bol d’avoine. Au moins on se dit que ce ne sont pas les nôtres… Départ ensuite pour une partie de pèche à la truite dans le torrent avec des vers de terres fraichement ramassés, un fil et un hameçon. Pour les scores : Raphaël 5 truites, une pour Amaury et Antoine, nous n’évoquerons pas son score… Après être passés à table et s’être littéralement régalés de notre pèche, on nous annonce « 15 minutes de repos puis on va cueillir des fruits! » Quuuuuuooooiii?? Le village est en effet la source de vitamines du canyon et même de la région entière! En quelques heures on récoltera avocats, fruits de la passion, goyaves et oranges (dont la technique de récolte en lancer-rattraper nous fait bien rigoler!). Une fois le travail fini, on charge ensuite les sacoches des mules avant la tombée de la nuit et on en profite pour faire les gourmands!
Après une bonne nuit, légèrement aidée par la descente d’une bouteille de vin local avec Raphaël, nous partons pour 2h de marche au travers d’une forêt de cactus puis le long du torrent, avant d’arriver à l’arrêt de bus pour retourner à Cotahuasi. 

Nous avions déjà pris la décision de prolonger notre découverte du canyon pendant notre première marche, du coup après avoir visité l’endroit le plus profond du canyon le plus profond du monde (3535m), il nous restait le haut du canyon et son plateau haut perché!
Nous partons donc le lendemain pour le village de Huynacotas où nous devons dormir chez la señora Pascuela et rencontrer Don Robert, agriculteur à plein temps, guide à l’occasion! Nous voyons avec lui si il est possible de marcher jusqu’au site de Santos Santos (pour y trouver un bosque de pierres après un plateau à 4800m d’altitude). Il nous annonce deux jours de marches accompagnés d’une ou plusieurs mules et également la possibilité de le faire à cheval… On compte d’abord nos pièces pour ensuite lui dire un grand OUI. Rendez-vous donc le dimanche matin, on mange comme des champions, on charge les mules de nos sacs et de vivres puis on équipe les chevaux avec un supplément de couettes et ponchos pour dormir au chaud. Ah oui c’est d’ailleurs le seul point qui n’est pas trop clair lorsqu’on discute avec Robert. Nous sommes censés trouver le sommeil dans une ferme de lamas MAIS ce n’est pas sûr… Ça n’a pas l’air de l’inquiéter, du coup on ne pose pas trop de questions, on verra sur le tas comme on dit. Après tout chaque jour est une aventure, non?
Aller hop, c’est parti pour deux jours et une nuit qui resteront gravés dans nos mémoires! Après s’être arrêtés sur des ruines Incas pour croquer notre fameux repas d’escapade à base de pain et de sardines en conserve, on reprend notre route en s’enfonçant davantage dans la montagne et en laissant le canyon de côté. Pas après pas, nous voyons le soleil baisser jusqu’à devoir se couvrir car il commence à faire froid à 4500m. On est visiblement vraiment en retard et il sera impossible de rejoindre la ferme avant la nuit, c’est alors que notre cher guide nous montre un rocher et nous balance « nous allons dormir ici » l’air de rien…

 

On gagne quelques degrés!

On gagne quelques degrés!

On s’est regardé plutôt perplexe pour finalement trouver ça cool et se dépêcher de trouver du bois pour faire du feu (finalement ça sera plutôt des bouses de vaches séchées, un combustible absolument redoutable). Après avoir ajouté quelques pierres pour nous couvrir du vent et posé les couettes à même le sol, on allume enfin le feu pour se réchauffer les mains! On s’empresse aussi de faire bouillir de l’eau, préalablement prise dans un semblant de ruisseau à quelques mètres de notre abris de fortune. Robert y ajoute quelques feuilles de coca pour le mal de l’altitude et d’autres plantes récoltées en route ainsi que du sucre. Certainement le meilleur thé de notre vie et pas seulement au niveau du goût, on parle ici du cadre qui nous entoure pendant qu’on réchauffe notre gorge et notre corp tout entier. Un ciel tapissé d’étoiles avec pour fond sonore le crépitement du feu et le bruit de l’eau qui coule… Cette beauté… Suffisamment pour en rêver encore longtemps! On fait ensuite cuire des pâtes pour se coucher avec le ventre plein de courage car la nuit s’annonce glacée. Pour ne rien vous cachez c’était une nuit bien pourrie pour Amaury! Antoine l’a mieux vécu, sûrement grâce à sa couche de cheveux redoutable dans ce type de moments… Tout habillés, enroulés dans nos duvets puis dans des couvertures, il a été bien difficile de trouver le sommeil… La seule chose dont nous avons rêvée était de revoir enfin le soleil le lendemain! Nos bouteilles d’eau étant gelées le lendemain, rien de tel que de refaire un thé pour sortir de notre coma matinale. Chose faite, nous nous remettons en selle le lundi matin pour finir cette boucle d’environ 60kms. Un festival de paysages et 12h plus tard nous étions de retour chez la señora Pascuela (après une dernière heure de descente en pleine nuit) pour trouver un repos bien mérité (et bien chaud).

Nous garderons de bons souvenirs de cette expérience, qui nous répète qu’il n’y a pas une minute à perdre pour vivre pleinement ses rêves et en réaliser chaque jour de nouveaux!

Amaury & Antoine

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