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Fév-2014

National Search for Sustainable and Eco-friendly School, un concours révolutionnaire, Philippines

Fresque dans une école primaireEn effectuant nos recherches habituelles sur le Net, nous avons découvert sur l’île de Negros aux Visayas, plusieurs universités et écoles ayant mis en place différents programmes pour promouvoir le développement durable. En creusant davantage, nous nous sommes rendu compte de l’existence d’un concours à l’échelle nationale concernant les mesures mises en place dans chaque école. Nous nous sommes rendus sur place dans la ville de Dumaguete pour rencontrer une école élémentaire puis une université pour en savoir plus sur la manière d’inclure le développement durable dans leurs programmes. Il nous fallait découvrir ce fameux concours également donc nous sommes rentrés en contact avec le Department of Environment and Natural Resources philippin pour connaître le pourquoi du comment de cette bonne idée. C’est donc à la fin de notre séjour aux Philippines, à Manille que nous avons rencontré Elenida del Rosario-Basug, chef de la division en charge de ce programme.

Un programme innovant et écoresponsable

Ce programme lancé en 2009 en partenariat avec le ministère de l’Éducation est une véritable avancée aux Philippines. Ce programme inclut tous les écoles publiques et établissements privés comprenant ou souhaitant inclure des mesures en faveur du développement durable dans leur enseignement, leur administration, leurs recherches et institutions.

L’objectif d’un tel concours est d’encourager les écoles à construire leur propre programme centré sur les problèmes environnementaux avec pour appui des problématiques concrètes et locales (traitements des déchets, pollution, recyclage, etc.). De par leurs programmes, les écoles développent chez leurs étudiants une sensibilisation, puis des connaissances et compétences, mis à l’oeuvre plus tard dans des activités ou pour le compte de projets. Le but cette fois-ci est d’enrôler les étudiants dans un mouvement durable positif par le biais d’associations, d’initiatives personnelles, ou encore de communication en devenant des ambassadeurs du développement durable.

Toutefois, il existe différentes catégories pour récompenser les écoles et institutions, de plus le processus se déroule sur 2 années afin de laisser de plus grandes idées naitre. En effet il convient de classer les écoles et leur programme selon 3 catégories, par rapport à leurs niveaux d’éducation. Ainsi, le concours s’applique aux écoles primaires, aux collèges et lycées confondus puis aux écoles supérieures.

De plus, la bataille entre chaque catégorie est d’abord régionale en sélectionnant les meilleures écoles puis ces écoles se confrontent ensuite à l’échelle nationale.

Fresque dans une école primaireOn peut se demander alors quel est l’intérêt de participer à ce concours et surtout de gagner. C’est ici qu’interviennent le gouvernement et quelques partenaires financiers en proposant une bourse symbolique aux gagnants. Chaque vainqueur régional reçoit environ 150 € puis à l’échelle nationale, le podium remporte de 500 à 1000 €. Outre l’aspect financier, les écoles se battent pour leur image et la communication que le concours apporte. En effet chaque année les vainqueurs se voient récompensés lors d’une cérémonie nationale, accompagnée de retombées dans les journaux, sur internet et également dans les prospectus du gouvernement. C’est davantage cet aspect qui intéresse les écoles, car la majorité des participants sont des écoles privées. Ensuite, l’école victorieuse à l’échelle nationale est sélectionnée pour un web-concours à l’échelle de toute l’Asie du Sud-Est.

Toutes les écoles aux Philippines sont éligibles et sont notées selon plusieurs critères. Sans rentrer dans les sous catégories, l’école est notée sur 100 points :

-20 points sont accordés à la présence du développement durable dans le règlement de l’école,
-30 points sur la présence et la pertinence du programme environnemental de l’école,
-30 points sur les caractéristiques du programme et son déroulement ,
-10 points sur la présence d’organisations étudiantes travaillant sur des projets responsables,
-10 points sur le réseau et les partenariats de l’école avec des projets et programmes environnementaux.

Un réseau grandissant visant notamment à partager les connaissances

Une université verteDepuis son commencement, un rapport est publié chaque année avec l’ensemble des programmes et façons de faire des vainqueurs afin d’inspirer les autres écoles pour les années suivantes. De ce fait, la barre est de plus en plus haute chaque année et les concurrents doivent faire preuve de créativité et d’un engagement encore plus important. De plus, des entreprises telles que Nestlé et Meralco ont rejoint l’aventure en créant des « awards » au sein du concours. Nestlé par exemple à créer un award correspondant aux efforts de conservation et de management de l’eau au sein des écoles en récompensant le vainqueur avec un chèque de 300 €. Quant à Meralco, pour la même récompense, leur award est basé sur la conservation et l’optimisation de l’énergie au sein des établissements.

Enfin, pour juger de l’éligibilité des écoles et de leur classement, c’est un groupe d’experts issu du secteur de l’éducation, du secteur privé ainsi que du gouvernement qui s’en occupe.

Foundation University, Champion 2013, Visayas centrales

Foundation University (FU) a remporté l’an dernier le concours sur la région des Visayas Centrales ainsi que les awards Nestlé et Meralco. FU doit sa réussite à sa démarche « Des gens sains sur une planète saine ». En effet, cette université mise également sur le bien-être des étudiants en proposant toutes sortes d’activités sportives aux étudiants, un marathon annuel, des cours et recettes de cuisine pour mieux manger et avant tout un campus agréable avec beaucoup d’espaces verts pour se détendre (qui plus est sans cigarettes).

Pour ce qui est de leur engagement pour le développement durable, encore une fois FU ne fait les choses à moitié. Leur programme intitulé Environment’s Everybody’s Everyday Concern est une merveille pour la gestion des déchets. C’est en adoptant les 4 « R », réduire, réutiliser, recycler et refuser, que l’université promeut la gestion des déchets. Ce procédé fait ses preuves alors que le tri des déchets dans des poubelles distinctes ne sert à rien dans la région. « Beaucoup utilisent ce type de poubelles, mais sachez qu’au moment du ramassage, les poubelles sont déversées dans le même container » nous explique Marc, notre interlocuteur et directeur du programme.

Quelques actions tirées du programme de la FU

Quasi tous les documents administratifs et utiles à l’enseignement ont été numérisés afin de réduire la consommation de papier. De la même manière des économies d’eau et d’énergie ont été réalisées grâce à une campagne prévention quotidienne efficace.

L’Université a mis en place un système de vermi-compostage, c’est une méthode de compostage utilisant des vers de terre pour réduire plus efficacement et plus rapidement des déchets organiques en engrais naturel. La stratégie de la FU est de diffuser leur système de vermi-compostage dans les villages voisins afin d’encourager les gens à utiliser cet engrais naturel pour leurs propres cultures et finalement conduire à une stabilité vis-à-vis des besoins en nourriture.

Après avoir constaté une pollution intense dans la rivière à côté du campus due aux déchets, les étudiants de la FU ont commencé à nettoyer la rivière. Ce n’était pas une mince à faire, car les habitants avaient depuis longtemps pris l’habitude de vider littéralement leurs poubelles dans le cours d’eau. Des nettoyages hebdomadaires de la rivière ont eu lieu jusqu’à ce que les habitants stoppent peu à peu de jeter leurs déchets. En effet ces mêmes personnes ont pris conscience de la situation en voyant chaque semaine des étudiants ramasser leurs déchets dans la rivière jusqu’à se sentir mal vis-à-vis du travail effectué à cause d’eux. D’après les analyses réalisées, la qualité de l’eau de la rivière s’est nettement améliorée et pour ce qu’il est possible de voir à l’œil nu, les rives sont de plus en plus propres !

Le système éducatif, un vecteur de diffusion massif pour le développement durable

De par ce programme à l’échelle des Philippines, on se rend compte de la puissance du réseau lié au système éducatif. En effet si l’on compte tous les acteurs qui rentrent en jeu, à savoir les enfants, leurs parents, les étudiants, le corps enseignant, les intervenants et les personnes travaillant dans les administrations, il est possible de véhiculer un véritable changement. Comme son nom l’indique, le développement durable servira aux générations futures, c’est en formant ces générations, et ce, d’une manière aussi efficace que le changement sera vraiment impactant. Cependant, le développement durable est un combat plus qu’actuel et c’est aujourd’hui qu’il faut faire la différence en agissant, en communiquant et en encourageant toute initiative positive.

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