09
Nov-2013

Varun Lulla, concepteur d’un centre de conservation de la biodiversité. Gokarna, Inde

2manNous sommes allés à la rencontre de Varun Lulla, un éco-entrepreneur hors du commun. L’idée de Varun est de créer un centre de conservation dans la forêt de Gokarna (Karnataka, Inde) pour promouvoir la biodiversité. Titulaire d’un master en conservation, restauration, botanique et management du développement durable, Varun souhaite mettre ses connaissances au service de l’environnement, et ce, dans une démarche unique. La philosophie de Varun se résume à… non sa philosophie ne se résume pas, lors de notre question à propos des raisons qui l’on menées à un tel projet il nous a répondu:

À vrai dire, je pense que la vie de chaque être humain correspond à 3 projets. Le premier est de partager et diffuser la paix et l’amour autour de soi. Le deuxième projet est un projet plus personnel répondant aux questions « Pourquoi suis-je sur Terre ? Quelle va être ma contribution ? ». Ce projet doit être propre à chaque individu, mais doit avant tout servir à tous, c’est de cette manière que j’ai pensé à la création de ce centre. Le troisième projet d’une personne est inconnu jusqu’au jour où il décède et voit la réalité de ses actions.

Ces quelques mots nous en apprennent davantage sur sa façon de penser: son leitmotiv c’est sa famille, et il entend par là le monde entier !

Pour en revenir au centre de conservation, Varun eut l’idée de créer deux zones bien distinctes, une zone naturelle (70 % de la surface du centre) et une zone domestique (30 %). En quelques mots, la zone naturelle serait dédiée à la conservation de la faune et de la flore de la forêt en recensant toutes les espèces du lieu et suivre leurs évolutions. La zone domestique serait elle bien plus complexe. En effet, il veut y mettre en oeuvre des solutions écologiques diverses afin de rendre le lieu 100 % indépendant et éco-responsable.

Pour cela, il veut aménager l’espace de façon à suivre un cycle correspondant aux principaux besoins de l’homme. « Je veux organiser ce lieu en m’attaquant aux problématiques de gestion de l’eau, d’alimentation, de santé, de logement et ainsi créer un showroom à ciel ouvert pour les particuliers et professionnels. Ce centre aura un rôle éducatif avec en plus une plateforme d’apprentissage destinée aux enfants ». Bien que cette idée paraisse folle, Varun a l’intention de mettre en place plusieurs jardins conceptuels dédiés à des domaines précis, tels qu’un jardin consacré au traitement de l’eau, un autre aux plantes médicinales, puis à l’alimentation. Pour en savoir plus sur chacune des solutions prochainement mises en place, nous vous conseillons de vous rendre sur son site internet www.ecocentric.in disponible à partir de décembre.

En ce qui concerne l’eau par exemple, la récupération d’eau de pluie se réalise de façon naturelle par le dénivelé ou par récupération par les gouttières sur plusieurs toits de maisons. Puis intervient un traitement de l’eau par phyto-épuration, c’est-à-dire l’action de filtrer l’eau naturellement à l’aide de différents bassins étapes contenant du sable, des plantes, des poissons, etc. Une fois l’eau purifiée, il faut ensuite qu’elle remonte si l’on veut que le cycle continu. « Pour créer une réelle dynamique avec cette eau, j’ai pensé à utiliser la force de l’homme. En effet, je m’intéresse beaucoup à ce que certains inventeurs peuvent mettre en oeuvre et j’ai découvert par le biais de la National Innovation Foundation, ici en Inde, l’invention d’un paysan avec son système de pompe à eau pour puiser dans son puits. Ce système est adaptable sur différents jeux pour enfants tels que des bascules, tourniquets et autres. » Varun souhaite intégrer divers jeux pour enfants dans son centre afin de lier l’écologie à un côté ludique. De cette manière, il est persuadé que des solutions peuvent voir le jour en zone urbaine et être plus facilement acceptées par la population en ajoutant un côté artistique ou ludique.

Schéma Varun Lulla

La manière dont il financerait ce centre est tout aussi intéressante. Vous était-il déjà venu l’idée d’adopter un arbre ? C’est pourtant bien ce qu’il proposera au monde entier pour pouvoir assurer la création et la maintenance du centre de conservation. Chaque personne voulant adopter aura la possibilité de choisir entre un arbre déjà existant dans la zone naturelle ou d’en planter un nouveau sur le site. Dans le premier cas, le prix de chaque arbre dépendra de sa nature, de sa rareté, de son âge et également de la faune et la flore qui l’entoure. De la même manière, plus l’arbre dégage de l’oxygène, plus son prix est élevé. En ce qui concerne les nouveaux arbres, les prix seront en moyenne plus cher dû au coût de la plantation.

Dans les deux cas, les propriétaires pourront rendre visite à leur arbre et pour ceux qui n’en auront pas la chance, ils pourront le voir sur une carte vue du ciel. Afin de développer le concept, Varun est en contact avec plusieurs multinationales afin que chaque produit vendu corresponde à l’adoption d’un arbre avec un certificat officiel et éventuellement une photo !

Ce projet observe malheureusement des freins vis-à-vis de l’acquisition des terres pour la construction du centre de conservation. Effectivement, il faut avoir un statut d’agriculteur pour pouvoir acheter ces terres ou les recevoir en dons. L’administration indienne est compliquée, car l’acquéreur doit être rattaché à l’État dans lequel il souhaite construire, c’est le principal problème auquel Varun fait face aujourd’hui.

Les 3 jours que nous avons passés aux côtés de cette personne ont été bouleversants, immergés dans sa culture et dans son style de vie qu’il veut le plus simple possible et en communion directe avec la nature…

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